Bulletin N° 16 - juin 2014
Échos de nos forêts
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Le nombre de finissants en Génie forestier a bondi en 2014

L'Université Laval a souligné avec fierté l'arrivée de 31 nouveaux ingénieurs forestiers dans la profession.
Le nombre de finissants dans les trois programmes en foresterie (Aménagement et environnement forestiers, Opérations forestières et Génie du bois) de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l'Université Laval a bondi de 72 % en 2014. en savoir plus
 

Un guide sur l'évaluation foncière et la taxation municipale

La confection du rôle d’évaluation foncière, la fixation des taux de taxation municipale et le droit de contester l’évaluation des propriétés sont prévus par la Loi sur la fiscalité municipale. Celle-ci indique qu’un propriétaire forestier pourra influencer l’évaluation foncière de son boisé, sous certaines conditions.

Une bonne compréhension du processus de taxation est cependant essentielle, tout comme la connaissance des conditions propres à sa propriété forestière et sa municipalité.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec a préparé un guide qui vise à fournir aux propriétaires forestiers les éléments de base pour comprendre le processus d’évaluation et de taxation de leurs lots boisés, ainsi que les procédures mises à leur disposition pour enclencher une révision de celles-ci.
 

Siropcool l'encyclopédie de l'érablière pour jeune

SiropCool Le site Internet siropcool.com est destiné aux enfants de 7 à 12 ans qui pourront découvrir l'univers amusant de l'érable. Sous forme de plusieurs planètes thématiques qui gravitent dans l'univers acéricole, les enfants peuvent visiter les planètes Encyclopédie, Cuisine, Bandes dessinées, Concours, Vidéos, Jeux et bidules, pendant que les professeurs trouveront du contenu pédagogique sur la planète Section des profs.
 

Assemblée générale annuelle

L'assemblée générale annuelle du Groupement forestier coopératif St-François aura lieu mercredi le 11 juin prochain à Windsor. Lors de cette rencontre, une présentation sera faite du nouveau programme de remboursement de taxes foncières. Ce programme sera mis en comparaison avec le programme d'aide financière de l'Agence de mise en valeur.
 

Un programme de biomasse forestière résiduelle

Un nouveau programme de biomasse forestière résiduelle offre une aide financière pour la conversion de système de chauffage ou de procédé industriel. "Le programme de biomasse forestière résiduelle encourage la conversion de systèmes de chauffage dans les milieux industriel, commercial et institutionnel et favorise la création de 1 600 emplois dans les régions. Avec ce programme, les entreprises pourront faire des gains énergétiques importants et réduire leurs coûts d'exploitation. Le Québec doit plus que jamais profiter des nouveaux marchés émergents liés à la forêt : une belle opportunité de développement économique pour les régions", a précisé la ministre Martine Ouellet.
Disposant d'une enveloppe totale de 50 millions de dollars, ce programme permettra une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre, soit 70 000 tonnes de CO², l'équivalent du retrait de 20 000 véhicules du réseau routier.
 

État sur la progression de l'agrile du frêne

agrile Le 21 novembre dernier, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a confirmé la présence de l'agrile du Frêne à deux nouveaux endroits au Québec : Clarendon dans le Pontiac et Granby dans le Haut-Yamaska. Des mesures restrictives ont été mises en place visant l'interdiction de déplacer tous les produits du frêne ainsi que toutes les essences de bois de chauffage provenant des lieux touchés. Les propriétaires fonciers de ces secteurs sont avisés de ces restrictions. D'autres mesures pourraient s'ajouter en fonction des résultats de l'enquête en cours. Une rencontre d'information sur le sujet est prévue le 26 juin prochain à 9h00 à l'Hôtellerie Jardins de Ville au 4235 boulevard Bourque à Sherbrooke. Pour en savoir plus.
 

Travaux admissibles au remboursement de taxes foncières

Pour que les travaux forestiers que vous réalisez sans aide financière soient admissibles aux crédits de taxes, il est très important qu'une prescription soit préparée par l'ingénieur forestier avant le début des travaux, ainsi qu'une vérification et un mesurage soient faits à la fin des travaux. Si vous envisagez faire ce type de travaux, contactez le Groupement forestier avant de débuter vos travaux. Pour maximiser votre retour fiscal, pensez à préparer chaque année un État de revenus et dépenses de votre propriété forestière.
 

L'état des forêts de l'Estrie ne cesse de s'améliorer

L'Agence de mise en valeur de la forêt privée de l'Estrie a réalisé une étude comparative des trois derniers inventaires forestiers faits en Estrie de 1970 à 1997. Il en ressort une progression de 12,6% des superficies forestières en région au détriment des superficies agricoles qui sont à la baisse. La proportion de forêts mûres s'est accrue de 56%, alors que le volume brut global des forêts s'est accru de 37%. Un nouvel inventaire forestier de l'Estrie vient d'être complété qui permettra de mettre à jour cette analyse. Il est très encourageant de constater la progression de nos forêts. Le programme d'aide à la forêt privée, qui existe depuis 1976 et la réglementation sont en partie responsables de cette progression.

Réglementation municipale et sylviculture (2ème partie)

Dans le dernier numéro de notre bulletin, nous avons amorcé une réflexion sur les réglementations municipales de la région. Nous avons fait ressortir les difficultés que posent parfois certains règlements aux bonnes pratiques sylvicoles. Examinons plus attentivement comment la réglementation pourrait mieux s'arrimer à l'activité forestière.

Tel que mentionné dans le précédent article, les propriétaires forestiers et leurs organismes sont très concernés par la protection de l'environnement et les écosystèmes forestiers. Ils sont conscients de la responsabilité qu'ont les municipalités de protéger la qualité des eaux, les sols et le couvert forestier. Ils sont tout à fait favorables au maintien de bandes de protections le long des cours d'eau, des lacs et des axes routiers. Ils sont favorables également au zonage de secteurs sensibles (pentes fortes, milieux humides, secteurs fauniques ou floristiques particuliers...) où la récolte doit être limitée. Mais tout ça doit demeurer logique et pertinent sans entraver outre mesure l'activité forestière. Voici les principaux irritants relevés dans les réglementations actuelles.

Des bandes de protections supérieures à 15 mètres ne servent en rien les objectifs de protection qui sont à la base de leur mise en place et contraignent inutilement les activités forestières. Réduire le pourcentage de récolte à moins de 25% de prélèvement limite grandement une saine sylviculture. Ce genre de limitation devrait être utilisé que très rarement pour protéger des secteurs très sensibles. En fait, il serait préférable dans ces secteurs, de permettre quand même de prélever 25% afin de pouvoir récolter les arbres vieillissant et réaliser un minimum de sylviculture, mais de plutôt y limiter le passage de la machinerie. Certains de ces milieux d'ailleurs, peuvent très bien être aménagés sur sol gelé l'hiver. Le coût des permis d'abattage supérieur à 25$ sont excessifs, quand on sait que le profit fait sur un voyage de tremble est d'environ 100$. Ces permis devraient avoir une durée de deux années afin de permettre de compléter les opérations en cas de conditions climatiques défavorables. Dans certains cas, il faut demander deux permis, un pour la récolte de bois et un autre pour installer une traverse temporaire de cours d'eau. Il serait plus efficace et moins coûteux de regrouper sur un même permis l'ensemble des autorisations nécessaires. Finalement, il serait beaucoup plus simple pour s'y retrouver, d'avoir un seul règlement pour l'ensemble d'une MRC, plutôt qu'une multitude de règlements différents pour chaque municipalité. Plus c'est complexe, plus c'est coûteux, plus c'est difficile à appliquer par les inspecteurs municipaux et plus ça décourage les propriétaires d'améliorer leur forêt. Personne n’y gagne à trop durcir et complexifier les règlements.

À la base de tout ceci, il y a un problème de perception. Beaucoup de gens persistent à voir l'activité forestière comme une attaque à l'intégrité de nos forêts. On y voit l'œuvre de grandes entreprises qui exploitent outrageusement nos belles forêts. C'est vrai que dans le passé il y a eu des exemples d'abus et de pillage. Mais il faut faire attention à ne pas tout mettre dans le même panier. Bien des abus médiatisés, ont été commis dans le nord ou en Amazonie ou ailleurs dans le monde. L'activité forestière en Estrie a connu une évolution considérable depuis 20 ans. C'est l'une des foresteries les plus progressistes au monde. Les propriétaires et les entreprises exploitent la forêt dans un but de profit mais aussi, pour améliorer la forêt et la perpétuer indéfiniment. Il existe une demande de la part de la population pour les produits du bois. Cette demande touche des besoins très fondamentaux pour du papier, du bois de construction et des meubles. Il est logique de répondre aux demandes des gens pour les produits du bois. Ces produits sont beaux, ne sont pas nocifs et sont un choix écologique indéniable pour notre environnement, en autant qu'ils proviennent de forêts bien aménagées (voir fiche Sylviculture et écologie planétaire). Il faut voir la sylviculture comme un outil de gestion qui peut aider à améliorer nos forêts et nos paysages et qui peut soutenir une activité économique essentielle et saine pour nos populations et la planète.

Quand on saisit l'importance du bois dans nos vies, qu'on comprend mieux comment bien aménager nos forêts et les perpétuer, qu'on voit le visage humain de tous ceux et celles qui œuvrent à sa mise en valeur et qu'on arrête de voir des forces obscures à l'œuvre qui veulent détruire nos forêts, on peut bâtir des règlements justes et censés avec l'ensemble des partenaires forestiers. Ces règlements doivent protéger ce qui doit absolument l'être, donner des guides pour éviter de perturber l'environnement et soutenir les bonnes pratiques. Restons simples et logiques et encourageons une activité forestière saine et durable pour le plus grand bénéfice des générations successives et de notre environnement.


Un héritage forestier à restaurer

Nous avons reçu en héritage les forêts de nos aïeux. En en prenant possession, nous avons la charge d'assumer à notre tour ce patrimoine naturel et d'en prendre soin. Mais tout héritage comporte sa part de bon et de moins bon. Dans quel état se trouve cet héritage? Quel est l'usage qu'en ont fait nos ancêtres? Quelles sont les erreurs du passé à ne pas répéter?

Depuis le début de l'humanité, l'homme utilise le bois pour se chauffer, cuire ses aliments, se faire des armes et des outils, se construire des abris afin de survivre et de prospérer. Sans la forêt, il y a tout lieu de croire que l'humanité n'aurait pas survécu bien longtemps. Il en a été ainsi au Québec lors de l'arrivée des premiers colons. Cette terre sauvage et boisée devait être apprivoisée et défrichée pour permettre la construction de villes et villages et permettre la culture nécessaire à l'alimentation des premiers habitants. La vie n'était pas facile, surtout l'hiver où il fallait trouver du travail pour nourrir les familles nombreuses. En campagne, la seule source de revenu l'hiver était la forêt. On allait bûcher pour les grosses compagnies pour une bouchée de pain. On n'avait pas à l'époque, le souci d'aménager durablement nos forêts. Celles-ci étaient perçues comme inépuisables, surtout qu'à l'époque on travaillait à la hache, au godendard et aux chevaux ce qui imposait un rythme de travail beaucoup plus lent qu'aujourd'hui. On ne voyait pas le bout d'épuiser toute cette immensité.

Dans les Cantons-de-l'Est, l'industrie du bois est rapidement devenu l'industrie la plus importante. La première moitié du 19e siècle fut fortement marquée par la récolte d'écorce de pruche utilisée pour son tannin dans le tannage des peaux et par la récolte de bois de chauffage. L'arrivée du chemin de fer en 1853 a nécessité beaucoup de bois pour la construction de la voie ferrée et des clôtures entourant celle-ci. Les trains nécessitaient également de grandes quantités de charbon de bois comme source d'énergie. Dès 1830, on comptait une trentaine de scieries dans le seul comté de Sherbrooke. À la fin du 19e siècle, commencent également à apparaître les premières papetières, dont celle de Windsor Mill construite en 1865. La majorité des terres à bois des Cantons-de-l'Est furent systématiquement surexploitées durant le 19e siècle pour répondre à la demande de l'ensemble de cette industrie. La première moitié du vingtième siècle fut moins heureuse. Elle a été marquée par deux guerres mondiales, la grippe espagnole et une crise économique grave. Nos parents ont dû traverser des périodes très difficiles et les métiers de la forêt sont demeurés l'une des sources principales de subsistance. Après la deuxième guerre mondiale, la prospérité est revenue. Le travail était abondant dans les usines et les bureaux ce qui a amené bien des familles à délaisser la forêt au profit de travaux mieux rémunérés et moins exigeants.

Mais les mœurs et les habitudes sont tenaces et la coupe à blanc a continué à se perpétuer dans nos forêts, héritage de nos coutumes et de nos moyens de subsistances du passé. À partir de 1945, plusieurs petits entrepreneurs forestiers sont demeurés très actifs et se sont spécialisés dans la coupe à blanc avec des équipements relativement performants pour l'époque. Notons qu'en 1942, la scie à chaîne fait son arrivée et contribue grandement a accéléré le travail en forêt. Durant près d'une cinquantaine d'années, en Estrie, ce mode de récolte s'est poursuivi, réduisant une fois de plus le capital forestier de notre région. Deux siècles d'activité forestière ont entrainé un rajeunissement important de nos forêts, une forte réduction des forêts matures, ainsi que l'augmentation des feuillus intolérants sur l'ensemble du sud du Québec. À cela, il faut ajouter le défrichement de grandes superficies agricoles qui, après quelques années, se sont révélées dans plusieurs cas, être des sols pauvres qu'on a laissés en friche. Tout cela a concouru à nous léguer des forêts appauvries, mais une population en santé et bien établie. Nous n'avons pas à juger le comportement de nos ancêtres, car si nous avions vécu à ces époques, nous aurions agi de la même façon. Connaître le passé peut cependant nous aider à améliorer le futur et justifier les actions du présent.

Dans les années soixante-dix, un programme de reboisement des friches est mis de l'avant par le gouvernement de l'époque. Simultanément, les premiers Groupements forestiers voyaient le jour avec pour vision, la mise en valeur de nos forêts. Une révolution des mentalités était à l'œuvre. Enfin, des spécialistes de la forêt conseillaient les propriétaires sur la meilleure façon d'aménager leur forêt. Un programme d'aide à la forêt privée encadrait les bonnes pratiques et encourageait la remise en état des forêts longtemps surexploitées. Le capital génétique de nos forêts était à rebâtir. Des éclaircies judicieuses permettaient de favoriser les bonnes essences. Les secteurs trop dégradés étaient reboisés. Mais les entrepreneurs de coupes à blanc étaient toujours à l'œuvre et menaient une lutte féroce à ces nouveaux sylviculteurs. Les organismes forestiers de la région ont donc fait appel aux municipalités pour que le pillage cesse. En 1994, apparaissaient les premiers règlements sur l'abattage d'arbres qui ont permis, en moins de vingt ans, de forcer le changement des pratiques forestières vers une utilisation durable des forêts.

En prenant possession des forêts que nous ont léguées nos aïeux, nous avons pour tâche de les restaurer et de les faire fructifier de façon à ce que notre génération puisse y prélever sa part et en laisser encore plus à ceux qui viennent après nous. Un sage disait, que la race humaine est un relais. Chacun doit tenir son flambeau afin que sa lumière éclaire le monde, et s'assurer de le transmettre dans les meilleures conditions au coureur suivant. Nous avons une dette envers la forêt contractée par les générations successives d'humains qui s'en sont servies pour survivre. Nous avons le devoir d'aménager sainement nos forêts en essayant de corriger les torts que nos ancêtres ont portés à la forêt en voulant assurer leur subsistance et celle des générations suivantes. Portons fièrement notre flambeau et assurons-nous de le passer dans un meilleur état au suivant. (Source historique AFSQ)


Intervenir ou laisser la forêt à elle-même?

Quelle est la meilleure façon d'améliorer nos forêts? Est-ce en laissant la nature faire les choses, ou est-ce préférable de lui donner un coup de main?

Si on se base sur l'historique de l'activité forestière en Estrie, on pourrait être tenté d'interdire toute activité de récolte en forêt. Toutefois, il faut prendre en considération, que depuis une quarantaine d'années, il y a une implication gouvernementale, municipale et sociale qui vise à soutenir une activité forestière saine et durable. Depuis le milieu des années 70, il existe un programme d'aide à la forêt privée qui encadre les bonnes pratiques et encourage la remise en état des forêts. Les Groupements forestiers, créés durant cette période, ont pour mission de regrouper et d'aider les propriétaires forestiers dans leur gestion forestière. En 2010, le tiers des propriétaires forestiers de l'Estrie ont adhéré à la certification environnementale FSC. L'Agence de mise en valeur de la forêt privée de l'Estrie, qui encadre le programme d'aide à la forêt privée, s'est dotée d'un Plan de protection et de mise en valeur (PPMV) afin de bien orienter l'ensemble des activités forestières. Ce plan dresse un portrait de la forêt privée de l’Estrie et de ses ressources, dégage les problématiques, fixe des objectifs régionaux de protection et de mise en valeur et suggère des moyens pour les atteindre. La Conférence régionale des élues de l'Estrie a également un Plan régional de développement intégré des ressources naturelles et du territoire qui vient s'arrimer au PPMV de l'Agence de mise en valeur. Jamais dans l'histoire du Québec, nous avons eu autant de planification et d'encadrement de l'activité forestière et jamais les municipalités n'ont autant exercé de surveillance sur cette activité. L'époque où tout un chacun agissait à sa guise est du passé. Les propriétaires réalisent maintenant leurs opérations forestières à l'intérieur d'un plan régional bien structuré et d'un encadrement adéquat.

L'étude "Portrait de la forêt naturelle et des enjeux écologiques de l'Estrie", basée sur une recherche historique consciencieuse, démontre que les coupes du passé ont rajeuni la forêt et changé la composition en espèces des peuplements. Le hêtre, la pruche, l'épinette rouge et le bouleau jaune étaient beaucoup plus abondants il y a deux cents ans. Ceux-ci ont été remplacés en partie par des essences colonisatrices comme le tremble et le bouleau gris. Ces espèces à croissance rapide prennent le dessus et limitent la croissance des arbres dominés. Toutefois, ces espèces colonisatrices ne sont pas capables de se reproduire à l'ombre, ce qui permet aux essences d'ombre comme l'érable, le hêtre, la pruche et le frêne de tranquillement s'installer sous le couvert forestier. Après une cinquantaine d'année, le tremble et le bouleau gris déclinent progressivement et laissent la place aux jeunes tiges d'avenir des essences plus nobles. Cette deuxième génération ayant été opprimée ne donnera pas des arbres d'une grande vigueur. Il faudra, bien souvent, attendre la troisième génération pour voir apparaître une forêt de belle venue. En laissant la nature agir d'elle-même, cela peut prendre une centaine d'années pour que nos forêts retrouvent leur qualité ancestrale.

Des interventions humaines bien planifiées peuvent grandement accélérer ce processus. Par des éclaircies faites au bon moment, on peut récolter progressivement les espèces moins désirables, comme le tremble et le bouleau gris, de façon à dégager les espèces opprimées. On aide ainsi la nature en favorisant les meilleures essences et en donnant suffisamment d'espace à chaque tige pour optimiser leur croissance. Il suffit d'attendre les bonnes conditions pour réaliser une éclaircie ou une coupe de jardinage qui prélève entre 25% et 35% du volume. Par ce procédé, on améliore à la fois la composition et la croissance de la forêt et on fait sauver des dizaines d'années de travail à la nature pour obtenir le même résultat. Ce type d'intervention favorise également l'implantation d'une bonne régénération et oriente progressivement l'évolution de la forêt vers une structure inéquienne, c'est à dire, comportant plusieurs strates d'âges. Ce type de structure est typique des forêts matures.

Il est donc important de continuer à favoriser la sylviculture afin, non seulement d'améliorer nos forêts, mais aussi de répondre à la demande de la population pour les produits du bois. Préserver la forêt de la coupe serait une erreur qui nous priverait d'un outil important qui nous aide à réparer les erreurs du passé. Continuer à intervenir en forêt, nous permet de prélever la matière ligneuse dont nous avons besoin et de léguer une forêt en bien meilleur état. Ceci, contribue également à instaurer parmi la population, une nouvelle culture forestière durable et respectueuse de l'environnement. On brise définitivement les mauvaises habitudes du passé et on lègue à la prochaine génération une meilleure façon de faire.

   
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