Bulletin N° 10 - janvier 2013
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Taxation municipale, la forêt privée écope

La Fédération des Producteurs de bois du Québec a réalisé récemment une étude sur l'évolution de la taxation municipale des propriétés forestières du Québec. Entre les années 2000 et 2010, en Estrie, le fardeau fiscal des terrains forestiers a augmenté de 171%, alors que durant la même période, pour les propriétés résidentielles unifamiliales celui-ci a augmenté de 86%.
Il apparaît évident que les propriétés forestières servent à alléger le fardeau fiscal des résidents. Cette situation ne risque-t-elle pas de tuer l'économie forestière qui soutient pourtant une partie des populations rurales? Est-il normal de taxer la production forestière? En agriculture on ne taxe pas le blé et le maïs, seulement le fonds de terrain. En foresterie, un sapin de 50 ans que l'on récolte aura été taxé cinquante fois. Aucune autre production n'est pareillement taxée. Cette situation est un des éléments qui milite en faveur d'une intervention de l'État pour soutenir la forêt privée à travers un programme d'aide financière et de remboursement de taxes.
 

Une visite de travaux très enrichissante

Le 20 octobre dernier, 70 personnes se sont déplacées pour assister à la visite terrain organisée par le Groupement forestier. Le thème de cette visite était la sylviculture. Trois stations permettaient aux participants de s'initier aux principes généraux de sylviculture, de martelage et au bilan de santé d'une érablière.

 

CerfChasse cesse définitivement ses activités

CerfChasse n'est plus. Cet organisme sans but lucratif qui existait depuis 10 ans, s'occupait de faire le pont entre les propriétaires de boisés et les chasseurs. Ainsi, année après année, CerfChasse prenait entente avec les propriétaires concernant la location de leur terrain et s'occupait de trouver des chasseurs qui louaient leur terrain. En 2012, 185 chasseurs et 80 terrains ont profité de ce service. Malheureusement, des difficultés financières persistantes ont mis fin à ce service qui profitait à tout le monde.
 

La situation de la mise en marché s'améliore

Depuis le début de l'année 2012 les prix du bois n'ont cessé d'augmenter, particulièrement dans le billot de bois mou. Ainsi, dans le billot de 12 pieds, nous sommes passés de 325$/Mpmp à environ 360$/Mpmp et les prix continuent de monter. Même l'usine Blanchette & Blanchette de St-Gérard redémare ses opérations et commencera à prendre du bois en longueur de 76 pouces à partir du 14 janvier.
 

Domtar paie un supplément pour le bois certifié

Depuis le mois d'août 2012, Domtar paie un supplément aux propriétaires qui lui livrent du bois certifié selon la norme FSC. Ainsi un montant de 0.88$ par tonne métrique est versé dans les essences de bois francs, de peupliers et d'autres résineux. Ceci représente un supplément de 13$ à 17$ par voyage.

Les groupements forestiers sont inquiets du prochain budget provincial

Les nouvelles sont très inquiétantes concernant le renouvellement du programme d'aide à la forêt privée l'an prochain. Les annonces faites jusqu'à présent par le gouvernement en place, parlent de coupures importantes et même du retrait de l'industrie forestière du financement du programme.

Madame Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles, confirme que son ministère maintiendra les sommes qui serviront à l'ensemble des travaux sylvicoles pour l'année 2013-2014. « Dans un souci de faire les travaux nécessaires à la pérennité de la ressource et de veiller à ce que le développement de l'aménagement forestier se poursuive, il est important que les montants attribués à l'entreprise privée pour l'ensemble des travaux sylvicoles soient maintenus », a déclaré madame Ouellet. Mais est-ce que cette promesse englobe la forêt privée? Concerne-t-elle aussi les budgets qui proviennent du fédéral? Les indications obtenues jusqu'à présent sont loin de refléter les propos de la ministre.

Les informations récentes obtenues du ministère des ressources naturelles, laissent plutôt présager des coupures importantes. Ainsi le budget global de $35,5 millions de la présente année, pourrait être réduit l'an prochain à $28,5 millions, soit une baisse de 20%. Si on ajoute à ça le retrait possible de l'industrie, on pourrait faire face à une diminution nette de 28%. Après 6 années de crise forestière, alors que les entreprises sont essoufflées et fragiles, le scénario budgétaire précédent risquerait d'entraîner des fermetures et de nombreuses coupures de postes. Nous ne pouvons imaginer une telle situation et nous espérons que la ministre des ressources naturelles viendra combler l'enveloppe pour soutenir l'ensemble du réseau d'entreprises de la forêt privée. Nous savons que l'actuel gouvernement cherche à éliminer le déficit. Mais, ce n'est pas en coupant dans des programmes rentables pour l'état qu'il va y arriver. Il est reconnu depuis longtemps, qu'un dollar investi en forêt privée retourne, la même année à l'État, plus d'un dollar en retombés fiscales diverses.

D'autre part, lors du Sommet sur la forêt privée de 2011, tous les intervenants se sont entendus pour indexer et revoir l'actuel programme de remboursement de taxes foncières. Or, nous apprenons que la ministre retarde d'une année, sa mise en application, malgré le fait que le comité chargé de sa révision ait terminé son travail. Les organisations comptaient beaucoup sur ce nouveau programme amélioré pour compenser les baisses budgétaires appréhendées. Si en plus on retarde cet outil, la situation devient invivable.

Il est clair que l'ensemble de la forêt privée ne peut accepter un tel bouleversement du programme d'aide.  Actuellement, Resam et nos organisations régionales déploient tous les efforts nécessaires pour faire renverser cette situation. La ministre doit revoir ses positions si elle ne veut pas faire face à la grogne des propriétaires forestiers. S'il le fallait, il se pourrait bien que les casseroles de la contestation soient remplacées par les scies à chaîne.


Réforme de l'assurance-emploi pour les travailleurs saisonniers

Le 24 mai dernier, le gouvernement fédéral annonçait son intention d’apporter d’importants changements au régime d’assurance-emploi. Cette réforme touchera grandement les travailleurs saisonniers. Voici un résumé des modifications apportées.

Dès janvier 2013, les travailleurs saisonniers devront accepter, lors des 6 premières semaines de prestation,  tout emploi semblable à 80% ou plus de leur rémunération horaire précédente. À partir de la 7e semaine, ils devront accepter tout emploi pour lequel ils ont les qualifications à 70% ou plus de leur rémunération antécédente.

La notion d’emploi pour laquelle ils ont les qualifications n’est pas très bien définie et pourrait englober nombre d’emplois. Il semble qu’il y aura beaucoup de place à l’interprétation sur cette notion.

Les bénéficiaires de prestation d’assurance-emploi devront faire des démarches de recherche d’emploi et présenter, sur demande, des preuves de ces démarches. Ils devront donc garder un journal de bord des principales démarches effectuées (élaboration de CV, présentation de demande d’emploi, entrevues réalisées, etc.) La  réforme de l’assurance-emploi comprend aussi une mesure cherchant à  renforcir les incitatifs à travailler. Le gouvernement modifiera ainsi la disposition relative au travail pendant une période de prestation.

Ces modifications seront néfastes pour le secteur forestier, parce que nos travailleurs seront obligés d’accepter des emplois moins bien payés. Certains reviendront à leur activité saisonnière, mais ils pourront être pénalisés s’ils ont quitté un emploi permanent pour le faire. Pour les entreprises, le risque de devoir remplacer une partie de leurs travailleurs maintenant employés ailleurs sera élevé. Le défi sera particulièrement difficile à rencontrer pour les métiers déjà en déficit de candidature.


Sylviculture - Densité et productivité

L'endroit où croît un arbre est l'endroit le plus important pour lui, car il y passera toute sa vie. Dès son jeune âge, l'arbre doit s'imposer et défendre cet espace vital. Au fur et à mesure que les arbres grandissent, la forêt devient plus dense et la compétition entre les arbres s'accentue. Seuls les arbres les plus vigoureux réussiront à dominer les arbres avoisinants et survivre. Cette lutte accapare une partie de l'énergie de l'arbre et limite sa croissance.

En sylviculture, le professionnel prend régulièrement des mesures de la densité des peuplements pour connaître le meilleur moment pour intervenir. Il planifie les éclaircies au bon moment, afin de permettre aux arbres d'avenir de continuer à croître librement. L'éclaircie est le traitement sylvicole qui permet de contrôler le niveau de compétition entre les arbres, de privilégier les tiges saines et vigoureuses et de favoriser les essences désirées. Par ce traitement, on augmente la productivité et la qualité des peuplements, tout en générant un revenu périodique.


Comment disposer adéquatement de vos déchets dangereux

Les résidus dangereux contiennent des substances chimiques qui peuvent nuire à la santé ou à l'environnement. Les risques associés à ces produits se manifestent surtout lors de l'entreposage ou de l'élimination inadéquate.

Les principaux résidus dangereux que l'on retrouve dans une exploitation forestière sont; les huiles usées (incluant les contenants et les filtres), les piles et batteries automobiles, l'antigel et les pesticides. La vieille machinerie laissée à l'abandon est également considérée comme un déchet dangereux car elle peut contenir des CFC, de l'antigel et des huiles.

Une machinerie et des équipements forestiers bien entretenus est le meilleur moyen d'éviter les fuites d'huile en forêt. Malgré tout, ayez toujours à portée de main une pelle et un bon sac de plastique pour récupérer tout déversement accidentel qui pourrait survenir.

Entreposez correctement vos produits dangereux de façon à éviter des déversements accidentels. Lorsque vient le temps d'en disposer, apportez-les à un centre de récupération qui pourra en disposer adéquatement. Les huiles usées peuvent être réutilisées comme lubrifiant pour les outils et la machinerie. Attention de ne pas trop en mettre afin d'éviter l'égouttement inutile. Les huiles et les pneus usés sont récupérés dans la plupart des garages.

Pour connaître les points de collecte, vous pouvez consulter le site Internet de la Société de gestion des huiles usagées (SOGHU) ou communiquez avec eux au 1-877-987-6448.

   
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